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Le “Moon of Baroda”, a girl’s best friend

Célèbre pour avoir été porté par deux icônes, Marie-Antoinette (1755-1793) et Marilyn Monroe (1926-1962), cet exceptionnel diamant de 24,04 carats illumine depuis près de 500 ans la collection des Maharadjas de Baroda. Il doit à sa couleur jaune canari le nom de “Lune de Baroda”, en anglais Moon of Baroda.

Réplique du Moon of Baroda

Réplique du Moon of Baroda par "Aux Armes de France et de Navarre"

D’après la tradition, la pierre aurait été envoyée au XVIIIe siècle en présent diplomatique à l’impératrice d’Autriche Marie-Thérèse, première femme ayant accédé à la dignité impériale. Le diamant sert alors à la parure des petites archiduchesses, filles de l’Impératrice, parmi lesquelles Maria Antonia de Habsbourg. Après son mariage en 1770 avec le futur Louis XVI, celle-ci devient, en 1774, reine de France sous le nom de Marie-Antoinette.

Rentré dans les collection de Baroda au XIXe siècle, il est serti vers 1860 en pendentif dans un splendide collier d’apparat du Maharadja. Ce joyau notamment est présenté par Sayaji Rao III (1869-1875-1939) lors d’une exposition à Los Angeles en 1926. L’indépendance de l’Inde en 1947 met un terme au règne des Maharadjas. L’Etat de Baroda rejoint la fédération indienne, avant d’être intégré dans l’Etat de Bombay, et le dernier prince déchu, Rama Ghandra, vend sa collection de pierreries. Le Moon of Baroda reste alors en des mains privées jusqu’en 1991, date à laquelle il est présenté dans un vente de la Maison Christie’s.

Le Moon of Baroda au cou de Marilyn Monroe

Le Moon of Baroda au cou de Marilyn Monroe

Ceux qui croient aux pouvoirs singuliers des pierres notent qu’au moment même où, en 1926, à Los Angeles, est exposé le Moon of Baroda, nait dans la même ville une enfant nommée Norma Jeane Mortenson. La petite fille retrouve le Moon of Baroda plus de 25 ans plus tard, comme un talisman, pour la consécration de la carrière qu’elle a entamée en 1946 au cinéma, sous le nom de Marilyn Monroe. En juin 1953, Marilyn Monroe fait la promotion du film “Les hommes préfèrent les blondes” (”Gentlemen prefer blondes“) de Howard Hawks, où elle joue aux côtés de Jane Russell. Si sa carrière commence à peine à décoller, Marilyn est bien alors le sujet de toutes les conversations, “the talk of Hollywood”, selon le magzine Life. Le joaillier Meyer Rosenbaum, récent propriétaire du diamant, décide alors de prêter à la jeune comédienne le Moon of Baroda pour la promotion du film. Sans doute mesure-t-il que la chanson interprétée par Marilyn, Diamonds are a girl’s best friend (”les diamants sont le meilleur ami d’une fille”), constitue une publicité exquise et incroyablement glamour pour la joaillerie.

Porté par Marie-Antoinette, immortalisé en simple pendentif au cou de Marilyn Monroe sur des clichés qui font encore le tour du monde, le Moon of Baroda est un sublime symbole de sensualité.

Et pour le plaisir, la video de Diamonds are a girl’s best friend !

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Le Nassak, l’oeil lumineux de Shiva

Estimé “sans impureté”, le Nassak est un diamant des Indes de plus de quatre-vingts carats, célèbre pour son brillant exceptionnel. L’aide aimable et inestimable apportée par les archives de la Maison Cartier, en la personne de Madame Véronique Sacuto, à nos recherches nous permet d’apporter quelques eclaircissement sur ce diamant. De la pierre brute à la taille émeraude, très contemporaine, qui est la sienne aujourd’hui, le Nassak a subi deux autres tailles, reflet de l’évolution des goûts.

Le Nassak dans sa forme XIXe - Archives Cartier

Le Nassak dans sa forme XIXe - Archives Cartier

Vraisemblablement découverte au XVe siècle en Inde, la pierre est alors taillée à la mode moghole : une face, dessous, en est rapidement repolie,  le dessus présente une table, et une dentelle de facettes. La forme originale de la pierre est conservée. La taille moghole améliore le brillant et le lustre de la pierre, sans la transformer : le souci de symétrie et de standardisation est une invention européenne beaucoup plus tardive.

Offert au sanctuaire de Trimbakeshwar, haut-lieu de l’hindouisme à proximité de la ville de Nassak, le diamant moghol orne une statue de Shiva, dont il est probablement un oeil. Il est au reste, dans sa taille et ses proportions, très similaire à l’Oeil de l’Idole avec lequel il est souvent confondu, notamment sur Wikipédia.

Lors des opérations menées par l’occupant britannique contre les mercenaires pindâri, en 1817, qui dégénèrent en guerre entre l’Empire marathe, protecteur des Pindâri,  et les Anglais, la pierre est volée dans le sanctuaire. Il semble difficile de savoir qui, des britanniques, des pindâris musulmans ou des marathes hindous, est l’auteur du larcin. Officiellement, le Peshwâ, premier ministre des Marathes, remet le diamant de Nassak comme tribut de guerre au marquis de Hastings, gouverneur général des Indes et chef des opérations militaires contre les Marathes. Le Gouverneur donne à son tour la pierre à la Compagnie anglaise des Indes orientales, à titre de réparation pour les dommages subis pendan le conflit.

Présenté sur le marché des diamants à Londres en 1818, la pierre est admirée pour sa beauté et son poids - près de 92 carats métriques - mais décriée pour sa taille moghole jugée d’une vilaine forme. La diamant est alors décrit comme “grossièrement facetté et sans aucun lustre“. En réalité, ces jugements subejctifs illustrent le goût d’une société occidentale où le raffinement de la taille participe fortement à l’estimation d’une pierre. Le minéralogiste John Mawe réalise cependant de la taille moghole un dessin assez précis, publié en 1823, qui nous permet de la restituer aujourd’hui.

La joaillerie londonienne Rundell and Bridge, propriétiaire de la pierre de 1818 à 1831, fait retailler le Nassak “au plus près possible des traces du tailleur hindou, en amendant ses défauts” et en harmonisant la symétrie. Le résultat est exceptionnel : une taille atypique, d’aspect très séduisant. La pierre n’a perdu que 10% de son poids et présente un fort gain de brillance. La forme de ce second Nassak, qui est serti après 1837 sur l’épée de cérémonie du marquis de Westminster, est connue grâce à un dessin assez réaliste de LOuis Dieulafait (1874) et par un croquis, sensiblement plus fantaisiste, de Bauer (1904). Surtout, une photographie de 1936 retrouvée dans les Archives Cartier laissent présumer que les dessins de Dieulafait et de Bauer exagèrement les dimensions de la culette, qui apparait sensiblement plus fine et régulière. On peut éliminer l’hypothèse d’une retaille du pavillon entre 1831 et 1937, puisque le poids enregistré par Cartier - 80,60 carats - correspondond parfaitement au poids noté chez Rundell and Bridge (78 5/8 carats anciens, soit 80,59 carats métriques).

 

Le Nassak retaillé - Archives Cartier

Le Nassak retaillé - Archives Cartier

Ces mêmes archives nous apprennent d’ailleurs que c’est Cartier, et non Harry Winston comme on l’a souvent avancé, qui opère donne en 1937 au Nassak sa forme actuelle, en émeraude. La pierre y perd plus de 40% de son poids - elle pèse 47,41 carats à l’issue des opérations - mais en devient infiniment plus luxueuse. Harry Winston, acquéreur de la pierre en 1940, n’opère qu’un repoli qui conduit la pierre à son poids actuel de 43,38 carats. Passée par la suite de mains en mains, étudiée par le Gemological Institute of America en 1964, exposée en 1970 puis 1976 aux Etats-Unis la pierre n’est, depuis, plus apparue publiquement.

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Tout est dans le titre

Le Char triomphal de l’Escarboucle, qu’es aco ? Une double référence, à un écrit hermétique du XVe siècle d’une part, “Le Char triomphal de l’antimoine” attribué à un pseudo-Basile Valentin, et d’autre part à une pierre précieuse mythique, l’Escarboucle. Elle est, selon les textes et les auteurs, un oeil au front de la Vouivre, ou un joyau dont elle assure la protection dans les marais. On la décrit habituellement comme rouge - “escarboucle” vient du latin “carbunculus”, le charbon ardent - mais rien n’est moins sûr. Pour le dictionnaire de l’Académie française, l’escarboucle désigne “toute pierre précieuse brillant d’un vif éclat, en particulier d’un éclat rouge”. Donc en général les rubis et les grenats rouges, mais pas seulement. Au centre des Armes de Navarre, l’escarboucle est alternativement rouge… ou verte, couleur sacrée des alchimistes. L’escarboucle serait-elle l’Alexandrite ?

Il sera donc question dans ce blog de pierres précieuses, d’histoire de la joaillerie et des arts lapidaires, de symbolique, d’héraldique, de phaléristique, mais aussi d’hermétisme et d’alchimie… C’est, après tout, aux alchimistes que nous devons, avec la Chartreuse, les premières imitations de pierres précieuses. Cet art atteint aujourd’hui, grâce notamment à leur héritage, une stupéfiante perfection…

En deux mots, nous parlerons de rêve et d’esthétique.

Le Dragon dUccello, et un grenant rouge

Le Dragon d'Uccello, et un grenat rouge

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