Le Diamant Vert de Dresde
Posted by: admin in Pierres Précieuses on novembre 24th, 2008
Le diamant Vert de Dresde est l’une des pierres les plus connues au monde. Pesant 40,70 carats, d’un joli vert, taillé en poire, il est catalogué « fancy green » selon les normes du Gemological Association of America (GIA). Cette pierre, en provenance des Indes, est acquise par l’Electeur de Saxe Frédéric-Auguste II en 1741. Montée d’abord sur une spectaculaire Toison d’Or, elle est à la fin du siècle remontée en agrafe de chapeau. Confisquée à la fin de la 2ième guerre mondiale par les troupes soviétiques, elle est exposée au Kremlin jusqu’en 1958, date à laquelle elle est restituée à la République Démocratique Allemande. On peut aujourd’hui l’admirer dans la fameuse salle de la Voûte verte à Dresde.
Vous pouvez en lire davantage sur cette pierre exceptionnelle sur cette page (en anglais).
L’illustration ci-contre en présente une copie en oxyde de zirconium cubique réalisée par Aux Armes de France et de Navarre.
Symbolique du Diamant Vert : Couleur de la nature et du printemps, le vert symbolise depuis l’antiquité la renaissance, la régénération. C’est la couleur du Dieu Egyptien Ptah, le créateur, et de la déesse Vénus, symbole du renouveau. Chez les chrétiens, elle est la couleur de l’espérance, et chez les musulmans la couleur de l’Islam. Les pierres vertes sont associées à la chance, à l’épanouissement, à l’estime de soi, à la connaissance et à la sensualité.
La risée du peuple
Nous véhiculons volontiers une image caricaturale de l’Alchimiste, vieillard cacochyme et pogonophore, perdu au milieu de ses grimoires, entre ses cornues et de ses alambics : le savant fou, père de Tryphon Tournesol et de Pacome de Champignac. On peut croire que le XIXe siècle romantique, qui a tant réinventé l’histoire et notamment celle de l’ésotérisme en pratiquant une “archéologie sentimentale”, est à l’origine de ce stéréotype.

Le Cabinet d'un alchimiste par E. Isabey (1841) détail
Eugène Isabey (1804-1886), fils de Jean-Baptiste, a présenté (à ma connaissance) au moins deux scènes de genre dans ce goût . Nous reproduisons ici un détail du Cabinet d’un alchimiste (1841). Nous sommes à l’époque à laquelle Balzac écrit La Confidence des Ruggieri (1836) et où la légende va bon train sur la Reine Noire.
Le désordre du laboratoire est le trait le plus frappant de cet ensemble, avec l’étonnante verrerie caractéristique de la “voie humide”. Studieux, sans doute, l’alchimiste est-il intrinséquement désordonné ? Ce trait mis en scène par Isabey se retrouve beaucoup dans l’iconographie du XIXe siècle… et même avant. Le Hollandais Gérard ter Borch (1608-1681) propose le même décor de désordre, quoique davantage dans le goût des “vanités”, à sa Consultation - encore qu’il ne s’agisse pas avec certitude d’un alchimiste. Même capharnaüm pour Thomas Wyck (1616-1677) avec son Alchimiste dans son laboratoire, encore que l’homme soit dans la force de l’âge. Seuls, en l’état actuel de nos recherches, l’étonnant Alchimiste se coupant les ongles de Salomon Koninck (1609-1656) sur lequel je l’espère nous reviendrons, ou l’Alchimiste de David Teniers le Jeune (1610-1690) nous présentent des vieillards respectables, plus pénétrés d’un docte mystère qu’animés de loufouquerie. La pièce est en ordre, ou du moins en un ordre vivant et habité.
Sans doute, avec sa part d’inaccessibilité au vulgaire, l’alchimiste a-t-il inspiré des mythes artistiques qui, dès la Renaissance, ont figé sa caricature pour l’éternité. Lisons, vers 1530, Sur l’incertitude et la vanité des sciences et des arts de Cornélius Agrippa :
“Ayant englouti beaucoup de temps et d’argent, ils se retrouvent vieux, chargés d’ans, déguenillés, affamés, sentant toujours le soufre, couverts d’une suie noire acquise au milieu des charbons, rendus paralytiques par le maniement constant du mercure, riches seulement d’un écoulement de nez, et pour le reste si misérables que, pour trois sous, il vendent leur âme. Ils expérimentent en eux-mêmes la métamorphose qu’ils s’efforçaient de susciter dans les métaux, transformés d’alchimiques en cacochymes, de médecins en mendiants, de savonniers en taverniers : la risée du peuple.”
Tout est dans le titre
Posted by: admin in Alchimie, Non classé on novembre 11th, 2008
Le Char triomphal de l’Escarboucle, qu’es aco ? Une double référence, à un écrit hermétique du XVe siècle d’une part, “Le Char triomphal de l’antimoine” attribué à un pseudo-Basile Valentin, et d’autre part à une pierre précieuse mythique, l’Escarboucle. Elle est, selon les textes et les auteurs, un oeil au front de la Vouivre, ou un joyau dont elle assure la protection dans les marais. On la décrit habituellement comme rouge - “escarboucle” vient du latin “carbunculus”, le charbon ardent - mais rien n’est moins sûr. Pour le dictionnaire de l’Académie française, l’escarboucle désigne “toute pierre précieuse brillant d’un vif éclat, en particulier d’un éclat rouge”. Donc en général les rubis et les grenats rouges, mais pas seulement. Au centre des Armes de Navarre, l’escarboucle est alternativement rouge… ou verte, couleur sacrée des alchimistes. L’escarboucle serait-elle l’Alexandrite ?
Il sera donc question dans ce blog de pierres précieuses, d’histoire de la joaillerie et des arts lapidaires, de symbolique, d’héraldique, de phaléristique, mais aussi d’hermétisme et d’alchimie… C’est, après tout, aux alchimistes que nous devons, avec la Chartreuse, les premières imitations de pierres précieuses. Cet art atteint aujourd’hui, grâce notamment à leur héritage, une stupéfiante perfection…
En deux mots, nous parlerons de rêve et d’esthétique.

Le Dragon d'Uccello, et un grenat rouge
